Il y a tout un pan de ma vie dont je ne parle jamais ici, sauf par allusions dissimulées que seuls peuvent comprendre ceux qui partagent la même passion.
C'est comme, mettons, l'oenologie. On va surtout en parler avec ceux qui se sont construit un palais. Ou comme pour la musique. Tu parles de rock avec un type qui t'explique QUE C'EST SON TRUC DANS LA VIE, et à la question "quel est ton chanteur préféré", le gars te répond "Elton John". Tu ressens alors un fort sentiment de solitude, et t'interroge sur le meilleur moyen de terminer poliment, la discussion, alors que déjà pointent les ombres de Cali, Yannick Noah, Véronique Samson... tous ceux que tu exècres... et si tu ne mets pas Supertramp dans ce lot maudit, c'est juste pour ne pas faire de peine à d'authentiques amis blogueurs qui ne pensent pas comme toi, et verraient bien, eux, la présence de Breakfast in America dans la liste des 100 disques qui les ont marqué à vie. Alors que pour être très franc, il ne figurera pas dans la mienne, mais cela je crois qu'un bon nombre des lecteurs et complices fidéles de ma bloguitude, l'ont déjà anticipé.
Je m'égare. Le grand moment de solitude du jour, c'est de ne pouvoir exprimer ici le désarroi, la déception, la peine, l'amertume, le trouble, la tristesse, le vague écoeurement que me procure depuis des semaines, des mois, point culminant hier, l'évolution constatée de cette association sans but lucratif ni but militant à laquelle j'ai donné beaucoup de temps, sans rien en attendre en retour, mais au moins révais-je de la voir évoluer en cohérence.
Or je constate qu'il suffit de peu de choses pour mettre le souk dans une collectivité humaine (que je refuse, et refuserai toujours, d'appeler communauté); quelle qu'elle soit. Il n'y avait (et il n'y a) aucun enjeu d'argent dans cette association. Il y avait une dynamique à peu près partagée qui la faisait fonctionner "positivement". Et c'était un plaisir, intellectuel et émotionnel, que d'y être associé. Tout ceci me semble avoir volé en éclat, parce qu'en peu de temps la dynamique positive s'est retournée comme une crèpe. Des désaccords mal gérés ont abouti à des radicalisations de positions, à des postures, où nombre des individus présents se sont ancrés dans des certitudes dont ils ne voulaient plus démordre. Comme j'ai, dans ma vie professionnelle, été formé aux enjeux de "l'analyse transactionnelle", j'ai vu les mécaniques insidieuses se mettre en place, et les atttitudes individuelles l'emporter sur l'envie de protéger la cohésion de l'ensemble.
Certains de mes congénères me disent que c'est parce que je suis un idéaliste, un rêveur, que c'est mon côté Rousseauiste qui ne demandait qu'à ressortir, et qu'il a mis le nez à la fenêtre juste pour prendre la claque qui lui pendait au nez.
Bien possible. Reste le désarroi. C'est comme tout le reste. Ca passera.
Mais quelle leçon de vie en tirer? Voilà une bonne question, je me demandais à quoi réfléchir pendant les vacances. J'ai trouvé. C'est déjà ça.
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