Voilà une de ces doubles contraintes dont il faut bien se décider à parler, dont le titre me permet de saluer comme il convient la grande Annie Cordy, injustement oubliée dans ma liste des 111 plus grands disques, on se demande bien pourquoi, entre la bonne du curé et chaud cacao, y aurait un best of à damner Cali, quand on y songe. Mais basta.
Comme tout blogueur, je surveille le flux de mes stats. Honnêtement, et sans déballer mes chiffres comme on sort sa zigounette pour vérifier qu'on figure bien dans la moyenne nationale, les miens n'ont plus le brio et le relief d'antan. C'est entre autres que j'ai tout fait pour cela: j'ai effacé mes anciens blogs, j'en ai créé plusieurs alors que la première règle absolue est de renvoyer toute sollicitation vers un lieu unique. Avec mes "cotés obscurs de la farce", "resse contre lao tseu", puis "resse, pire encore!" et ce dernier en date, "testament", sans oublier in extrémis le "radio resse" qui exista aussi deux ans, j'ai fait l'exact contraire de ce qu'exige une bonne gestion de son peursonaule brenne dinggg. Mais je le sais. Je suis comme ça.
Par ailleurs, j'ai toujours constaté que mes indices de fréquentation augmentaient de 60 à 200 % dès que je me mettais à causer d'actu, à jacter politique, à ironiser sur les cadors de gauche et de droite comme la plus vulgaire émission rigolarde de téloche. Un petit coup d'analyse, une salve d'ironie, un rien de désespoir en conclusion, la petite touche à mossieur resse qui ne croit plus en grand chose, et hop, ça remontait sec, et me redonnait du coeur à l'ouvrage.
Rien qu'hier, un petit coup de pied dans le tibia de la "jusqu'à quand? dis date! écoloschiste" me valut un éphémère regain de visites.
Sauf que voilà, dans ma grande déprime présente, et depuis que l'ignomignieux Grincheux Grave s'est retrouvé mis en examen dans l'indifférence quasi générale (je demeure surpris du manque de soutiens reçus, qu'on partage ou non ses coups de gueule "limites", ses indignations certes sélectives, mais toujours piquantes, bien écrites, et souvent non dénuées de fondements; la liberté d'expression devrait tracasser tout bon blogueur. En l'occurrence, je crois avoir été un des rares à m'inquiéter de son infortune), depuis donc que ce blogueur s'est retrouvé convoqué chez un vrai juge dans la vraie vie pour une vraie mise en exam' (mais comme il le dit, "laissé en liberté"), quelque chose en moi s'est cassé, qui peut ressembler à de l'écoeurement; aussi à de la peur, je n'ai pas honte à le dire, j'entraine ma famille depuis suffisamment longtemps dans suffisamment de galères pour ne pas vouloir leur infliger "en sus" des frais d'avocats somptuaires, pour quelques saillies mordantes à l'endroit ou l'envers de tel ou telle judiciariste gnian gnian.
J'ai donc TOUT effacé, un jour de blues, de sorte que les visiteurs arrivant via google sont aussi rares aujourd'hui que les raisons de s'esclaffer dans l'affaire de la crise de la dette de la zone euro de vos magnifiques traités de Maastricht et Lisbonne. L'idée de commenter cette actualité mortifère sauf exception m'épuise par avance. Tous me donnent la même envie de vômir. C'est moi, docteur, ou l'environnement qui barre en quenouilles?
Je me rabats sur mes 111 disques. Ca plait à quelques-uns, qui sont nettement moins nombreux. Peut-être ai-je eu les yeux plus gros que le ventre (et pourtant!), peut-être aurais je du me limiter à 50. Peut-être certains se lassent-ils. Peut-être trouvent-ils que bon, y a quand même un peu trop de Dylan et pas assez de Yannick Noix dans le panel. Vous verrez que quand le rideau retombera sur le 111ème et dernier (ah, celui-là, ça fera une belle fin, je trouve... Tout à fait dans l'esprit du truc. J'en avais des larmes qui coulaient en l'écrivant, ah ah, quelle tafiole refoulée, ce Resse) il s'en trouvera pourtant pour me dire de trouver autre chose (200 chansons pour une vie éternelle en Enfer?) et de ne pas arrêter là-dessus, continuer de parler pour un public de vieux chinois, comme disait joliment Brel dans sa plus formidable chanson.
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